dimanche 10 décembre 2017

Le Burundi envisage la moderniser de son aviation civile

Le Burundi a annoncé qu'il envisage d'exploiter les drones en vue de moderniser son aviation civile et désenclaver de plus en plus le pays.

Pour ce faire, une réglementation sur l'exploitation des drones sera bientôt adoptée, a précisé vendredi à Bujumbura Jean-Bosco Ntunzwenimana, ministre burundais des Transports et des Travaux Publics, ajoutant que les études ad hoc ont déjà été amorcées.

"Le gouvernement du Burundi ne ménagera aucun effort pour assurer le désenclavement du Burundi et le développement des transports aérien, à travers le développement des capacités infrastructurelles et humaines, pour embrasser non seulement les exigences du moment, mais aussi l'aviation de demain, qui sera basée sur plus de technologie et donc plus de modernité", a souligné le ministre burundais, vendredi dans un point de presse tenu à l'occasion de la célébration de la Journée Internationale de l'Avion Civile.

Le gouvernement burundais est en train de consentir "d'immenses efforts" pour moderniser l'infrastructure aéronautique, renforcer la sécurité et la sureté de l'aviation civile et assurer la continuité des services aériens ainsi que la connectivité du Burundi au monder entier.

Le ministre Ntunzwenimana a saisi l'occasion pour porter à la connaissance de l'opinion, qu'en matière d'infrastructures aériens, le projet de réhabilitation et d'agrandissement de la piste de l'aéroport Internationale de Bujumbura, des aires de circulation et de parking, et de construction d'une nouvelle aérogare et d'une nouvelle tour de contrôle remplissant les normes, a déjà été analysé par le gouvernement en conseil des ministres.

Les orientations données, a-t-il poursuivi, recommandent une extension des capacités infrastructurelles et la modernisation de l'aéroport Internationale de Bujumbura.

Dans cette perspective, a-t-il signalé en outre, l'infrastructure d'entrepôt du fret aérien est en train d'être remodelée en vue de séparer totalement le fret au départ et le fret à l'arrivée, conformément aux normes internationales.

Le Burundi, a-t-il annoncé également, va accueillir l'année prochaine une mission d'audit de l'Organisation de l'Aviation Civile Internationale qui va également émettre des recommandions en vue de renforcer la sureté de l'aviation civile du Burundi. Le ministre Ntunzwenimana s'est dit heureux de constater qu'à ce jour, le trafic aérien burundais ait déjà commencé à afficher une "courbe ascendante" ; une situation qui augure, selon lui, un "avenir prometteur" pour le recouvrement de la croissance économique.
 
French.china.org.cn | le 10-12-2017

Les relations sino-burundaises sont "dominées par des consensus importants" dans les divers domaines de coopération

Les relations sino-burundaises sont "dominées par beaucoup de consensus importants" dans les différents domaines de coopération bilatérale et multilatérale, a déclaré samedi soir à Bujumbura Chen Xiaodong, ministre assistant des Affaires étrangères de Chine.

M. Chen a atterri à Bujumbura la même journée à 13h heure locale (11h GMT), à la tête d'une délégation du ministère chinois des Affaires étrangères pour une visite de travail de deux jours dans le cadre du "suivi et mise en oeuvre d'un accord instituant des consultations bilatérales entre le ministère burundais des Relations extérieures et de la Coopération internationale et le ministère chinois des Affaires étrangères".

L'agenda de la délégation chinoise prévoyait que cette dernière soit reçue en audience par de hautes autorités burundaises, au premier rang desquelles Pierre Nkurunziza, président de la République et chef du gouvernement.

Le ministre burundais des Relations extérieures et de la Coopération, Alain-Aimé Nyamitwe, a signé cet accord le 15 mars à Beijing avec le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi.

"Les échanges très approfondis que ma délégation vient d'avoir tout à l'heure avec la délégation burundaise du ministère burundais des Relations extérieures et de la Coopération internationale, relèvent justement des acquis de cette visite couronnée d'un grand succès, effectuée en mars dernier en Chine par le ministre Nyamitwe", a précisé M. Chen.

Les échanges "très nourris" entre le ministre Nyamitwe et son homologue chinois Wang Yi, a-t-il ajouté, ont joué aussi un rôle très important dans la promotion des relations bilatérales.

M. Chen a dit espérer que cette visite permettra d'apporter un nouveau palier aux relations bilatérales sino-burundaises.

"Aujourd'hui, les peuples burundais et chinois, via leurs gouvernements respectifs, sont unanimes sur la nécessité de consolider davantage les relations bilatérales sino-burundaises, de promouvoir la confiance politique mutuelle et de multiplier les échanges humains", a affirmé le ministre chinois.

Selon M.Chen, la Chine et le Burundi s'accordent également sur le fait qu'il est essentiel de promouvoir leur coopération "pragmatique".

Le représentant chinois a annoncé que la Chine va continuer à soutenir le Burundi dans les processus de construction économique, d'amélioration du bien-être social et de développement social.

"A ce jour, la Chine et le Burundi ont déjà mis en œuvre beaucoup de projets de coopération. Pour les prochaines étapes, les deux pays ont intérêt à élargir ces projets. En plus, la Chine continuera à accorder au Burundi des aides et des assistances dans la mesure du possible", a-t-il réaffirmé.

A titre d'exemple, sur l'apport chinois dans le développement économique du Burundi, M.Chen a cité l'implication chinoise dans la construction de "plusieurs infrastructures" pendant de nombreuses décennies pour renforcer la capacité économique burundaise.

"La Chine est convaincue que le peuple burundais a déjà senti les effets positifs de la mise en œuvre de ces projets de coopération, mais parce que ces projets sont très nombreux, je ne peux pas les citer un à un aujourd' hui", a-t-il insisté.

M.Chen a souligné également que les entretiens entre les deux délégations ont fait ressortir "beaucoup de consensus" sino-burundais sur la coopération dans les affaires internationales et régionales.

"Nos échanges ont été fructueux et permettront de faire progresser davantage notre coopération dans le futur", a renchéri le ministre chinois.

Pour sa part, l'assistant du ministre burundais des Relations extérieures et de la Coopération internationale, l'ambassadeur Bernard Ntahiraja, a souligné que la Chine et le Burundi entretiennent des relations "excellentes" depuis plus de cinq décennies.

En effet, le Burundi et la Chine ont établi leurs relations diplomatiques le 21 décembre 1963.

En ce qui concerne le positionnement chinois et burundais dans les forums internationaux, M. Ntahiraja a déclaré que le Burundi et la Chine "ont des vues similaires et se soutiennent mutuellement" sur des questions politiques d'ordre international.

Par exemple, a-t-il illustré, au cours des diverses sessions du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU, traitant des questions du Burundi depuis l'éclatement de la crise électorale burundaise en avril 2015, la Chine a toujours soutenu le Burundi.

S' agissant de la coopération économique, l'ambassadeur Ntahiraja a salué le fait que la Chine appuie beaucoup de projets au Burundi "à la grande satisfaction du gouvernement et du peuple burundais".

Sur ce palmarès, le projet de construction du barrage hydroélectrique de Ruzibazi avec pour effet bénéfique l'augmentation de la capacité énergétique du Burundi et le projet de construction du palais présidentiel.

"Vous en êtes témoins vous-mêmes, ce projet de palais présidentiel évolue très bien, et nos partenaires chinois ont réitéré leur soutien, promettant de continuer jusqu'à ce que ce projet aboutisse", a-t-il commenté.

Selon les prévisions, l'inauguration officielle de ce palais est prévue au premier trimestre de l'année prochaine.

Passant en revue la coopération sino-burundaise en matière sociale, M. Ntahiraja a indiqué que le gouvernement burundais apprécie l'apport chinois dans le secteur de l'éducation.

"En effet, la Chine est en train d'aider le Burundi à travers des nombreux étudiants burundais qui sont en train de poursuivre leurs études universitaires en Chine, ou via des stages de formation à l'intention des fonctionnaires burundais à des fins de perfectionnement professionnel", a-t-il explicité.

Dans le secteur de la santé, M. Ntahiraja a salué l'implication des médecins chirurgiens chinois dans leurs interventions régulières au Burundi pour opérer la cataracte, permettant ainsi à de "nombreux burundais mal voyants", de recouvrer la vue dans le cadre du projet de coopération sanitaire sino-burundais "Marche vers la lumière".

Le gouvernement burundais apprécie également la "très forte visibilité de coopération chinoise" dans le domaine sanitaire, a-t-il poursuivi en citant notamment les missions médicales chinoises à l'hôpital Prince Régent Charles (HPRC) dans la province urbaine de Bujumbura-Mairie (ouest), à l'hôpital de Gitega (centre) et l'hôpital général de Mpanda en province de Bubanza (ouest).

En matière de coopération sino-burundaise dans le secteur des infrastructures, M.Ntahiraja a relevé notamment l'appui chinois dans la construction de l'Ecole normale supérieure (ENS), de l'Ecole technique professionnelle sise en zone urbaine de Kamenge (nord de Bujumbura) et du barrage hydro-électrique de Mugere. "On retiendra en définitive que lors de nos entretiens avec cette délégation chinoise, ça aura été une occasion de faire un tour d'horizon sur la coopération sino-burundaise à l'aube du nouvel an 2018 à travers notamment le passage en revue des différents types de coopération bilatérale. De manière unanime, les membres de la délégation burundaise ont salué le soutien multiforme de la Chine au Burundi dans le cadre de la coopération bilatérale", a-t-il tranché.
 
French.china.org.cn | le 10-12-2017

samedi 9 décembre 2017

Quand l’UPRONA célèbre le 56ème anniversaire de sa victoire de 1961 dans toutes les communes de la Province Rutana

Dans toutes les communes de la Province de Rutana, le Parti UPRONA a célébré le samedi 9 décembre 2017 le 56ème anniversaire de sa victoire des élections législatives de 1961. Un événement qui arrive au moment où l’UPRONA est en train de rassembler ses fils et filles au tour de l’idéologie de Rwagasore après des dissensions qui avaient déchiré ce parti à la veille des élections de 2015. Les jeunes de la JRR (Jeunesse révolutionnaire de Rwagasore) qui avaient été dupés par les protagonistes en 2017 affirment ne plus suivre ces voies qui ne mènent finalement nulle part.

L’exemple plus parlant est celui d’Edmond Kagabo natif et fonctionnaire dans la commune Mpinga-Kayove et qui présidait la JRR qui s’est joint à la coalition Amizero y’abarundi pour empêcher les Badasigana d’aller voter lors des élections générales qui étaient organisées. Mais actuellement affirme avoir choisi un chemin menant nulle part en témoigne la suite réservée à leur sort après les élections. Certains des leaders se sont envolés vers l’Europe laissant à leur sort ceux qu’ils avaient dressés contre le parti au pouvoir alors que généralement, un citoyen qui refuse d’aller voter ne refuse jamais d’être gouverné.

Les Badasigana n’ont plus droit à l’erreur de ne pas voter pendant les élections générales du pays

Les leaders de l’UPRONA qui sont allés rehausser de leur présence les cérémonies de cet anniversaire dans diverses communes de la province de Rutana ont axé leurs discours sur l’importance capitale de voter pour mettre en place des institutions républicaines. Ainsi, l’Ambassadeur Aloys Rubuka ancien président de ce parti a rappelé l’adage Rundi « Igiti ntikigukora mujisho kabiri » (on ne tombe pas deux fois dans une même erreur). Et de leur rappeler que les élections de 2020 approchent et par conséquent qu’il est impératif de se préparer en conséquence.

Le vice-président du parti Etienne Simbakira qui était dans la commune Rutana a rappelé aux Badasigana que n’eût été le courage et l’abnégation de Rwagasore et ses compagnons les Burundais n’auraient pas eu l’indépendance qui a été chèrement acquise. Et de demander aux Badasigana de rester vigilants afin d’arracher la victoire des élections de 2020.

Les cérémonies du 56ème anniversaire en commune Musongati ont été rehaussées par la présence du Deuxième vice-président du Sénat également membre de l’UPRONA. Il a quant à lui demandé aux jeunes surtout en chômage de penser à associer leurs idées et surtout se mettre en association afin de vaincre la pauvreté source de malaise sociale. Et partant décourageant les jeunes à développer le parti. Dans cette commune les cérémonies ont été débutées par un match de football qui a opposé les JRR et les jeunes Imbonerakure et le match s’est soldé sur un score de 2 buts à 1 en faveur des JRR. Les communes de Bukemba et Giharo ont également débuté les cérémonies respectivement par un défilé très long et un match de football.

Vivre le parti dans les collines pour pérenniser l’héritage de Rwagasore

« Nous voulons une unité comme l’avait souhaité le Prince Louis Ragasore. L’indépendance qu’il a par après arrachée n’est pas seulement de l’UPRONA mais de tous les Burundais » a martelé le Premier vice-président de la République Gaston Sindimwo issu de l’UPRONA. Ceux qui ont tué Rwagasore voulaient inhiber l’indépendance du Burundi.

Et de rappeler que du temps de Rwagasore il y avait des Burundais en connivence avec les colons pour diviser. En tuant Rwagasore. Après la mort de Rwagasore l’UPRONA a tenté de se relever par Ngendandumwe qui sera lui aussi assassiné. L’objectif des colons allait être atteint car, avec la 1ère République, les ministres à majorité étaient des PDC donc ce n’était plus l’UPRONA à la tête du pays mais des PDC. C’est pour cela que l’UPRONA actuellement veut se relever pour construire à partir de là où Rwagasore était. Au niveau des collines, la base du parti qui est une force essentielle du parti.

Ceux qui ont trompé les Badasigana en 2015 pour ne pas voter se sont envolés par la suite vers l’Europe laissant malheureusement ceux qu’ils avaient trompés à la merci de ceux contre lesquels ils les avaient dressés. Sauf les élections, personne ne peut changer le gouvernement. C’est inouï de trouver des gens qui trompent l’opinion que d’ici quelques jours il y aura un gouvernement de transition. C’est un rêve, c’est égayer les Badasigana au lieu de les laisser participer activement dans la préparation des élections de 2020.

«Demain nous allons vers le référendum, l’UPRONA a contribué dans sa préparation. Il a rassuré les Badasigana que tous les intérêts qu’ils rêvent y ont été préservés.

Landry Ngendakumana 


Réaction du CNARED suite au dialogue de Ngurdoto (communiqué)




La disparition de HABARUGIRA Léopold ouvre une plaie béante

LA DISPARITION DE MONSIEUR LEOPOLD HABARUGIRA OUVRE UNE PLAIE BEANTE.

Le 12 septembre 2017, un groupe de quatre personnes, dont l’une en tenue de policier et armée, a enlevé en pleine matinée, Monsieur Léopold HABARUGIRA, alors qu'il faisait de la marche en compagnie de son épouse. Selon certaines sources bien informées, Monsieur Léopold HABARUGIRA n’est plus de ce monde.

C’est avec un cœur meurtri que le Comité Exécutif du Parti UPD-ZIGAMIBANGA a pris la responsabilité de transmettre cette triste nouvelle aux membres et sympathisants du parti. En effet, des informations solides et cohérentes nous apprennent qu’il a été séquestré et torturé avant que ses bourreaux ne décident de se débarrasser de son corps.

Cet acte ignoble ouvre une plaie béante qui, dans le cœur de notre famille politique, nous rappelle les crimes odieux dont ont été victimes le Président du Parti, feu Zedi FERUZI, le Porte-parole du Parti, feu Patrice GAHUNGU ainsi que des centaines d’autres familles burundaises dépouillées des leurs dans de pareilles circonstances.

Né à KAMENGE, QUARTIER TWINYONI, en 1963, Léopold HABARUGIRA était marié à l’Honorable Libérate NZITONDA. Père de cinq enfants, le trépas l’emporte alors qu’il était Trésorier et membre du Comité Exécutif du Parti UPD-ZIGAMIBANGA. Avant de s’opposer ouvertement à Nkurunziza, Monsieur Léopold HABARUGIRA, fut une figure majeure du Parti CNDD-FDD. Pour ceux qui l’ignorent, il a hébergé les enfants du Président Pierre Nkurunziza et son épouse, durant l’exil politique de ladite famille. Ensuite, c’est le même HABARUGIRA Léopold qui a offert le terrain où est érigée aujourd’hui, la permanence Nationale du Parti CNDD-FDD.

En ces moments douloureux pour sa famille proche ainsi que sa famille politique, nous prions pour que Dieu vous apporte la force, le courage, la sérénité et la paix.

Enfin, le parti UPD-ZIGAMIBANGA prévoit d’organiser prochainement une veillée funèbre, pour rendre hommage à tous ses membres emportés dans la lutte contre le troisième mandat illégal et illégitime de Pierre Nkurunziza.

Que ton âme repose en paix cher Léopold !
Un jour, la justice sera rendue !

Fait à Arusha, le 09 décembre 2017

Secrétaire National chargé de l’information de l'UPD

KARIM

Le président Nkurunziza lancera les activités relatives au "référendum de la constitution"

Le président du Burundi, Pierre Nkurunziza, lancera officiellement le 12 décembre prochain les activités relatives au "référendum de la constitution", apprend-on vendredi de source officielle à Bujumbura.

Le ministre burundais de l'Intérieur et de la Formation Patriotique, Pascal Barandagiye, dans une correspondance faisant objet d'invitation aux cérémonies y relatives à l'intention des gouverneurs des provinces et du Maire de la ville de Bujumbura, a demandé aux gouverneurs de province, d'inviter à leur tour pour ces cérémonies, tous les administrateurs communaux relevant de leurs ressorts respectifs.

Ce référendum constitutionnel ainsi envisagé fait partie des "recommandations-clés" du dialogue politique interburundais organisé en 2016 sous l'égide de la Commission Nationale pour le Dialogue Intérieur (CNDI), dont les conclusions ont été suivis après par la publication, par une commission nationale ad hoc, d'un rapport sur l'amendement de la constitution en vigueur du 18 mars 2005.

La révision de cette loi fondamentale burundaise fait partie des "points de divergences politiques" de la 4ème session du dialogue interburundais dont les assises viennent de se tenir du 26 novembre dernier au 8 décembre courant à Arusha (nord de Tanzanie), a reconnu jeudi à la veille de la fin de ces travaux l'ex-président tanzanien en qualité de facilitateur dans le dialogue externe interburundais depuis janvier 2016. Le projet d'amendement de la constitution, qui fera objet d'un référendum populaire, et qui a déjà été approuvé par le gouvernement réuni en conseil des ministres, renferme comme principale innovation l'abolition de la limitation du "nombre de mandats présidentiels", une controverse politique au cœur du déclenchement de la crise électorale burundaise d'avril 2015.
 
French.china.org.cn | le 09-12-2017

Pas d'accord à la nouvelle session du dialogue de sortie de crise

La nouvelle session du dialogue burundais de sortie de crise, ouverte le 28 novembre à Arusha (nord de la Tanzanie) en l'absence de l'opposition en exil, s'est clôturée vendredi sans aucun accord et dans la cacophonie, selon des participants.

Cette session à huis clos avait pour ambition d'aboutir à la signature d'un accord le 8 décembre en présence des chefs d'État de la Communauté des États d'Afrique de l'Est (EAC), selon un programme distribué aux délégués par le médiateur dans cette crise, l'ancien président tanzanien Benjamin Mkapa.

Dès jeudi, M. Mkapa avait reconnu, dans un message lu aux participants, que l'objectif principal de la session, à savoir les interactions directes entre les participants, n'avait "pas été réalisé".

Il leur avait donc annoncé qu'il n'y aurait "ni accord, ni déclaration" à l'issue de ce round de discussions, en raison des positions qui restent "diamétralement opposées" entre le camp présidentiel et l'opposition interne représentée à Arusha.

Vendredi, la réunion s'est clôturée dans la confusion, selon plusieurs participants contactés par l'AFP, dont un membre de l'équipe du facilitateur.

"En constatant qu'ils ne pouvaient plus contrôler le déroulement des ces négociations, (les représentants du gouvernement burundais) ont décidé de créer le vacarme dans la salle", a dénoncé Léonce Ngendakumana, vice-président du parti d'opposition Frodebu, joint par téléphone à Arusha.

"Le facilitateur n'a pu digérer un tel comportement et il a décidé de clôturer immédiatement la session, et a promis de saisir ceux qui l'ont mandaté pour qu'ils prennent une décision qui puisse faire avancer ces négociations", a-t-il poursuivi, parlant de "honte" pour le Burundi.

Jeudi, M. Mkapa avait fait savoir qu'il enverrait une note au médiateur en chef, le président ougandais Yoweri Museveni, et aux chefs d'État de l'EAC, "identifiant les points de convergence, qui peuvent servir de base à un accord, et les points de divergence, qui pourraient faire l'objet de futurs dialogues et négociations".

Parmi les points de convergence, figure notamment "un engagement vis-à-vis de l'accord de paix d'Arusha et de la Constitution du Burundi en tant que fondement d'une paix, sécurité et stabilité durables".

Les parties ne se sont en revanche pas entendues sur "l'ouverture de l'espace politique, l'identification des prisonniers politiques, le droit souverain de modifier la Constitution".

Tout au long des deux semaines de discussions, le représentant du gouvernement a insisté sur la nécessité de rapatrier le dialogue au Burundi et appelé les responsables en exil à rentrer au pays pour préparer les élections de 2020.

Simple coïncidence, le ministère burundais de l'Intérieur a annoncé vendredi que commencerait le 12 décembre la campagne relative au référendum sur la réforme de la Constitution.

Ce référendum pourrait avoir lieu début février, a indiqué à l'AFP un haut cadre de la présidence. Si le projet de réforme est adopté, le président Pierre Nkurunziza serait en mesure de briguer dès 2020 deux nouveaux mandats de sept ans.

Le Burundi est en crise depuis que M. Nkurunziza a annoncé en avril 2015 sa candidature à un troisième mandat controversé et sa réélection en juillet de la même année.

Les violences qui ont accompagné la crise auraient fait au moins 1.200 morts et déplacé plus de 400.000 personnes entre avril 2015 et mai 2017, d'après les estimations de la Cour pénale internationale (CPI), qui a ouvert une enquête.

AFP / 08 décembre 2017 17h15